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15.05.2007

PAS COOL, RAOUL.

 

Puisque je lis depuis quelques temps un peu partout dans la presse que je ne blogue plus, au grand dam de mes worldwide lectors, j'ai décidé de tordre le cou aux rumeurs tapageuses et ainsi démentir publiquement : NON, je ne suis pas morte, je suis simplement feignasse prise dans la trépidente et infernale ... euh... enfin la trépidence quoi. T'vois bien l'truc.

(Bon, au boulot Mimitte, t'as des choses à raconter.)

Alors en fait j'avais envie aujourd'hui de te raconter mes problèmes. Les vrais, les seuls. Ceux qui ne se sentent qu'avec un gros P.

(Tu trouves que je délaie ? Je te dirai que tu n'as  pas tort. Tu es à deux doigts de zapper ? Je te dis que j'enchaine.)

 Donc en vérité, j'ai des problèmes d'électricité chez moi. La vérité, c'est que si tu veux connaître la vraie histoire de In the Baignoire with Mimitto, tu risques fort de connaître la même fin que Cloclo. En gros, si je remplis la baignoire à ras bord, j'ai environ 110 % de chance de remplir également les prises électriques. Si je pose une ampoule sur le capot de la machine à laver elle s'allume, si je pose une ampoule sur le micro ondes, elle s'allume, si je pose une ampoule par terre, elle s'allume, enfin je vais pas te faire ça toute la soirée, t'as bien compris que c'était pas safe-safe chez moi. BREF c'est pas le sujet. Le noeud du problèmes, c'est surtout quand je mets une ampoule dans une douille, en fait. Elle ne s'allume pas, elle brûle.

Comme Pinder ne voulait de moi que pour le rôle de la femme à barbe alors que moi, c'est Torche Humaine que je voulais être, j'ai décidé de mettre un terme à ma carrière tuée dans l'oeuf en appelant un électricien. Un vrai, quoi.

 

Flash-back, J-1 semaine :

 

Driiiiing


"Arnaque & Electricité bonjouuuur !
- Oui bonjour Madame, c'est Mademoiselle de Savane à l'appareil, je souhaite arrêter de risquer ma peau à chaque fois que je me sèche les cheveux, mais pas à n'importe quel prix, auriez vous un technicien pas trop pourri qui puisse se déplacer chez moi pour un devis, c'est assez urgent, je ne reprends pas mon souffle durant la conversation c'est pas pour être désagréable madame, c'est juste que la prise du téléphone est en train de fondre et je voudrais vous donner un maximum d'éléments avant de mourir par électrocution, quand est ce qu'il vient chez moi l'escroc, merci
- Ouiiiii Madame Tatane....
- Non mais moi c'est Savane
- Oui très bien Mademoiselle Tatane, il viendra disons mardi (aujourd'hui, donc.)
bla bla bla bla bla bla et puis vous verrez, il est gentil, serviable, sérieux bla bla bla, et en plus il est beau mec, vous verrez, vous ne serez pas déçue AH AH !
Clic.

 

 Un peu décontenancée par cette manne d'informations à vérifier, j'ai quand même décidé de me coiffer, me maquiller, et mettre ma petite blouse d'infirmière US avec mes talons aiguilles et ma belle culotte du dimanche parce que oui, les blouses, c'est sans rien en dessous, mais je ne suis pas une fille facile. ET EN PLUS IL EST BEAU, qu'elle a dit.

 

Le jour J arrive. Je me lève à 7h et entreprends les travaux qui s'imposent. A 15 h je suis pile prête et présentable, lascive et offerte, feulante et savamment échevelée.

 

15 h 15, je griffe les murs et m'entraine les yeux mi-clos devant ma glace à dire Raoul avec la bouche en coeur. Bon, ok, Raoul c'est pas super comme prénom mais je m'y ferai. C'est pûrement social, tout ça.

 

15 h 30, je commence à déplorer retard, mais c'est certainement voulu, le petit jeu amoureux commence. Comme il va être content de lire l'espoir de son arrivée dans mes yeux.

 

15 h 45, je prends un chewing gum en espérant qu'il me fera pas le même coup quand je le présenterai à mes parents. Le lapin à la moutarde de maman n'attend pas.

 

16 h 00, je profite de ce répit pour faire un peu de gym, deux-trois séries de ciseaux avec les jambes, pour être bien ferme des cuisses quand je vais lui faire des prises d'érotico-judo.

 

16 h 30, ça commence à bien faire, faudrait ptetre pas qu'il croit que je suis à sa disposition, le Raoul. C'est complètement con comme prénom, en plus. Raoul. Franchement. Je remets mon survet et mes bigoudis, je l'appelle. Tant pis pour lui, il m'aimera nature.

 

Tu me crois, tu me crois pas, j'en ai rien à foutre, IL M'AVAIT ZAPPEE, LE CON.

 

17 h 00, la Saxo de fonction du tant espéré Raoul arrive. A 17 h 00, moi j'aime plus personne, j'ai juste envie qu'on me fasse un devis et qu'on en finisse. Je reprends quand même un chewing gum, des fois que les instincts primaires prennent le dessus. Tu sais ce que c'est hein, quand la tête dit non et que le Q corps dit oui hein...

 

Alors là, faut que je te prévienne. Raoul, il ressemble davantage à ton père qu'à Georges Clooney. Enfin j'ai rien contre ton père hein, mais si je lui ai jamais demandé de venir refaire l'électricité chez moi, c'est peut-être qu'il y a une raison.

Donc Raoul, la cinquantaine bedonnante, la chemise ouverte, les nichons à l'air, la moquette qui dépasse, les cheveux gominés en arrière avec -Oh mon dieu mais c'est du Pento ?! - parfumé à l'Aquavelva, et à sentir son haleine, je pense qu'il en bu un coup avant de venir.

Je remballe donc le champagne et les fraises, je roule la peau de bête que j'avais négligement étendue devant la cheminée, je dépends mes strings du lustre et je décommande le traiteur.

 

Raoul, on est allés trop vite, je ne suis pas prête, je préfère qu'on reste amis.